samedi 14 avril 2018

Médiation : Gérer l’écosystème de l’intimidation

Par Jean Poitras et Solange Pronovost

Peut-on modérer l’incivilité et le harcèlement uniquement dans une logique de contrôle de l’intimidateur? Bien que celui-ci soit au cœur du problème, les études démontrent qu’on ne peut exclure la dynamique de groupe de l’équation. Pour que la personne au comportement répréhensible puisse opérer librement, celle -ci a besoin d’une équipe environnante qui lui laisse le champ libre. Les médiateurs et les gestionnaires doivent tenir compte de ce fait s’ils veulent endiguer efficacement l’intimidation. Ainsi, modifier l’attitude des membres du groupe, c’est aussi contenir la propension de l’intimidateur à harceler ses collègues. Dans cette chronique, nous utiliserons les conclusions de différentes recherches pour décrire l’écosystème de l’intimidation et pour proposer une stratégie d’intervention utilisant la dynamique de groupe comme outil de gestion du phénomène.

dimanche 8 avril 2018

Médiation : Et si vous utilisiez la stratégie de la conception à rebours ?

Par Jean Poitras et Solange Pronovost

Un des défis importants que doivent relever les médiateurs est celui de trouver une façon d’amener les participants à décrocher du conflit pour accepter de faire des pas vers un compromis. Une des stratégies traditionnelles consiste à leur faire prendre conscience des coûts associés au fait de rester dans cette situation : stress, insatisfactions, risques pour la santé, etc. L’idée est de les amener à réaliser qu’ils doivent passer à autre chose s’ils veulent éviter les effets appréhendés. Mais plus souvent qu’autrement, les gens demeurent ancrés dans leur ressentiment et leurs frustrations. Devriez-vous alors en ajouter une couche en parlant des risques légaux rattachés aux conflits? Pourriez-vous tout simplement utiliser une approche plus positive?

lundi 2 avril 2018

Prévenir les conflits: le cas de la mutinerie de la mission Skylab 4

Par Jean Poitras et Solange Pronovost

Certains contextes de travail sont propices aux développements de conflits. La proximité des gens dans un milieu clos, un horaire de travail surchargé, l’absence de leadership d’expérience, un style de supervision abusif, et l’impossibilité de décompresser constituent tous des facteurs de risques. À cet effet, les missions spatiales s’avèrent des milieux favorables à l’apparition de différends interpersonnels. En fait, malgré l’apparent calme de l’espace, les conflits font partie du quotidien des astronautes en mission prolongée. Parfois, ceux-ci peuvent devenir des crises, comme ce fût le cas de la mutinerie de la mission Skylab 4. Quelles leçons ont été tirées de cet événement? Comment cela peut-il nous éclairer pour prévenir les conflits en milieu de travail stressant?

lundi 26 mars 2018

Président Trump : La menace d’une guerre commerciale est-elle une bonne stratégie de négociation?

Par Jean Poitras et Solange Pronovost

Encore une fois, l’actualité peut être analysée à la lumière des théories de la négociation. Depuis un certain temps, le président Trump menace ses partenaires économiques d’enclencher une guerre commerciale si ceux-ci ne concèdent pas des aménagements avantageux aux États-Unis dans les différents accords de libre-échange. Il brandit déjà l'imposition de droits de douanes, sachant très bien que ses vis-à-vis risquent d’emboîter le pas. Voilà un exemple de stratégie de négociation qui, en plus d’être très compétitive, voire sauvage, est généralement considérée comme étant très risquée. Pourquoi alors utiliser cette tactique ? Au-delà de l’analyse du style de personnalité du Président, on peut se demander s’il agit d’une bonne idée. Nous utiliserons la théorie de la stratégie de négociation du bord de l’abîme pour y répondre.

lundi 19 mars 2018

Peut-on avoir confiance en l’intelligence collective d’un groupe en conflit ?

Par Jean Poitras et Solange Pronovost

Nous explorerons dans cette chronique la façon d'utiliser l’intelligence collective d’un groupe en situation de conflit. On peut définir sommairement cette faculté comme étant la capacité des membres de celui-ci, d’effectuer un choix pour le bien commun. La notion d’intelligence collective est particulièrement intéressante dans un contexte où chaque option se vaut et en conséquence, une personne seule ne peut détenir de manière absolue la réponse juste. L’idée est qu’en combinant l’ensemble des opinions par un vote, on peut choisir celle qui est la bonne. Il serait donc possible de faire appel à cette aptitude d'une équipe pour choisir entre trois options de partage des tâches dans le but de créer un sentiment de justice. Toutefois, en situation de conflit, l’intelligence collective est-elle encore une source de sagesse ?